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Hassatou Diop N’Sele, un trésor à la BAD

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Trésorière du Groupe de la Banque africaine de développement, Hassatou Diop N’Sele est chargée de lever des fonds sur les marchés internationaux, et de gérer le capital et le portefeuille de liquidités de l’établissement financier.

Elle est douce, calme et pleine d’assurance. Pas un mot plus haut que l’autre. C’est pour cela qu’il faut regarder les gens de la finance avec moins d’idées préconçues. Cette exquise personne qui me reçoit en toute simplicité à Abidjan, en Côte d’Ivoire, autour d’un verre de jus d’ananas et quelques arachides grillées, gère un portefeuille d’actifs valorisés à 25 milliards de dollars. Aaah… Alors, spontanément, on recherche les signes extérieurs de richesse : hormis de ravissantes boucles d’oreilles créoles et un sourire qui illumine son visage, rien de « chanelisant » ou de « diorissime » en vue. Effectivement, gérer 25 milliards de dollars ne signifie pas qu’il s’agit de votre argent de poche ! Côtoyer ces montants astronomiques aurait pu tournebouler la tête de plus d’un, mais Hassatou Diop N’Sele, sénégalaise, trésorière du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), ne semble pas impressionné par ces chiffres dantesques.

« Cela fait plus de vingt ans que j’ai le plaisir de travailler à la Banque africaine de développement, et ces montants, bien qu’importants, restent en deçà des besoins de développement du continent africain. Je me souviens, à mes débuts au département de la trésorerie en tant que Senior Officer, notre programme d’emprunts annuel était inférieur à 1 milliard de dollars. Aujourd’hui, il est à plus de 8 milliards de dollars. Nos opérations sur le Continent se sont accrues de manière significative et notre impact sur le développement est considérable, reflétant la capacité de l’institution à réaliser son mandat, et le soutien de ses actionnaires qui n’ont jamais hésité à renforcer son capital pour lui permettre de faire plus. L’année dernière, nos pays membres ont ainsi autorisé la plus grosse augmentation générale de capital de la Banque, pour le porter à plus de 208 milliards de dollars. »

Après son baccalauréat à Dakar, Hassatou Diop souhaitait se lancer dans le monde de l’hôtellerie où ses parents officiaient déjà. Mais ces derniers lui ont fortement déconseillé d’emprunter cette voie faite de satisfactions, mais aussi d’énormes contraintes. Alors elle coche la case finance par hasard, et s’y trouve à son aise. Rapidement embauchée à la Citibank, dans la capitale sénégalaise, elle devient quelques années plus tard directrice administratif et financier dans une compagnie de négoce de riz. « Mon aventure ivoirienne a commencé lorsque j’ai décidé de suivre mon mari, congolais, nommé à Abidjan, commente-t-elle, sourire aux lèvres. Une fois sur place, j’ai adressé une candidature spontanée à la BAD qui m’a engagée au département de la trésorerie. »

Il faut dire que l’établissement panafricain a fait des questions du genre et de la parité une priorité et, au fil des ans, qu’il s’agisse de recrutement ou de financement, ces préoccupations sont restées dans les critères de sélection. « Pour chaque projet présenté pour approbation de financement, la direction évalue les aspects des programmes et des projets ayant trait au genre. Une grande attention est portée à la mise en œuvre d’initiatives innovantes afin de promouvoir l’autonomisation des femmes. Investir dans l’égalité des genres pour la transformation de l’Afrique est inscrit dans la stratégie de la Banque. En ce qui concerne le recrutement des femmes à des postes de professionnels et de directions, de très grands progrès ont été faits ces dernières années. Nous essayons d’avoir le maximum de femmes possible, ce qui n’est pas toujours chose aisée. Une étude récente sur Linkedin indique que les femmes consultent plus d’offres d’emploi que les hommes, mais ne postulent pas autant qu’eux. Les talents et les compétences féminines existent, il s’agit de les chercher différemment. Les magazines traditionnels dans lesquels on insère des offres d’emploi ne touchent pas suffisamment la cible féminine et ne sont pas toujours adaptés. Il faut une approche différente. »

Au sein de l’institution financière composée de 81 pays membres, et comprenant tous les pays d’Afrique plus 26 autres à travers le monde, parmi lesquels l’Amérique, l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient, Hassatou Diop N’Sele fait ses courses! Comprenez qu’elle est chargée de lever des fonds sur les marchés internationaux. « Grâce au capital souscrit par nos actionnaires et à notre notation de crédit AAA, nous sommes en mesure de lever des ressources à des taux compétitifs auprès d’investisseurs institutionnels, et nous les prêtons à des conditions avantageuses aux pays africains et au secteur privé. Je suis responsable des emprunts obligataires de la Banque sur les marchés africains et internationaux, ainsi que de la gestion de notre capital et du portefeuille de liquidités. »

Régulièrement, Hassoutou Diop N’Sele prend son bâton de pèlerin, c’est-à-dire l’avion, pour participer à des road-show financiers; des réunions internationales dans lesquelles elle va discuter avec des investisseurs – compagnies d’assurances, banques centrales et fonds de pension –, à travers le monde pour leur vanter les atouts de la Banque et les convaincre de mettre la main au pot. « Nous offrons aux investisseurs des obligations assorties de la meilleure qualité de crédit existante, et aussi, en quelque part, l’opportunité d’investir dans le développement de l’Afrique. En d’autres termes, un investissement sûr assorti d’un rendement social. Nous avons d’ailleurs, depuis quelques années, lancé des obligations vertes et des obligations sociales qui ont connu un réel succès. »

Lors de ces réunions de haut niveau, certains, de prime abord, la prennent parfois pour la junior de l’équipe. Mais Hassatou Diop N’Sele s’en amuse plus qu’elle ne s’en offusque quand elle voit ensuite l’air confus et la gêne de ces maladroits. « Les femmes noires restent encore une minorité dans le monde de la finance. Il m’arrive de participer à des réunions où je suis la seule femme et aussi la seule Noire. Le monde est en train de changer; l’éducation que nous donnons à nos enfants est différente de celle que nos mères ont reçue. La plupart des enfants aujourd’hui sont éduqués dans le principe de l’égalité des genres », poursuit l’heureuse maman de trois filles, qui ajoute : « J’ai le plaisir et la chance d’avoir un travail passionnant, et aussi de travailler pour une institution qui fait du combat contre la pauvreté en Afrique, sa mission. »

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