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Tayari Jones, un père et deux mères

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Dans son dernier opus, « Des baisers parfum tabac », l’auteure nous charrie dans une relation bigame, sans cri ni heurts, mais avec son contingent de rancœurs et de souffrances muettes.

TOM MORTAGNE

Née à Atlanta, en 1970, Tayari Jones est l’auteure de quatre romans, tous imbibés du terreau de la Géorgie, un état du sud des États-Unis et terre natale du révérend Martin Luther King. Son précédent ouvrage, Un mariage Américain (voir Brune 84) avait été sélectionné par Oprah Winfrey, désigné par Barack Obama comme l’un de ses ouvrages préférés en 2019, avant d’obtenir plusieurs distinctions littéraires, dont le prestigieux Women’s Prize.

Avec un sens remarquable de la narration et du détail qui nourrissent son style, l’auteure nous entraîne dans des récits de vie, d’emblée banale, mais qui arrivent à nous émouvoir au plus haut point. Après l’immense succès d’Un mariage américain, où Tayari Jones dissèque la fin d’une histoire d’amour, celle-ci s’empare dans Des baisers parfum tabac (Éditions Presses de la Cité), d’un sujet commun et exceptionnel à la fois.

Si la bigamie est pratiquée dans de nombreux pays, elle demeure effectivement plus rare en Amérique, et limitée à quelques communautés et sectes qui le pratiquent. Le parfum tabac c’est celui du père, James, chauffeur de taxi privé qui épouse l’adolescente qu’il a mise enceinte, puis l’aide-soignante dont il tombe amoureux. L’une sait, l’autre non. Deux filles, Chaurisse, puis Dana, naissent dans cette union à double foyer. Elles s’ignorent par la volonté du père et se rencontrent par celle du hasard qui n’existe pas. Pendant ce temps, l’Amérique post-Kennedy défile sous leurs yeux impassibles.

Tayari Jones a vécu aussi cette expérience, mais garde le recul de l’artiste devant son modèle. Un peu d’inspiration et beaucoup de détachement. Avec un talent immense qui nous rend encore plus sensibles au sujet.

Brune: On parle souvent de femmes chefs de famille, mais peu de bigamie. Pourquoi avez-vous choisi ce modèle?

Tayari Jones: La bigamie est un sujet enveloppé de honte – autant pour les enfants que pour les épouses. Un homme ne peut avoir qu’un seul foyer « légitime », laissant aux autres enfants le sentiment qu’ils ne sont pas vraiment les membres de sa famille. Les gens n’utilisent plus beaucoup le terme « bâtard », mais les forces cruelles derrière ce mot existent toujours. J’ai été attiré par ce sujet en raison de mon intérêt pour ce que nous appelons maintenant les « familles recomposées ». Ce n’est rien de nouveau, bien sûr. Cependant, tant de gens se sentent abandonnés lorsque leur père se remarie. Je n’ai pas vu beaucoup de discours sur l’impossibilité absolue pour deux groupes d’enfants de partager le père de manière égale. Bien sûr, dans mon roman, la situation est beaucoup plus extrême. Le père est un bigame – la famille de Dana est traitée comme un sale secret. Mais la dynamique générale de la situation n’est pas du tout rare.

Les demi-sœurs sont-elles des sœurs, après tout?

Personnellement, j’ai deux sœurs et nous partageons un père. Mes sœurs ont grandi à 800 km de moi et je les ai vues peut-être une fois par an, pendant environ une heure. Toute ma vie, j’ai eu l’impression d’avoir à la fois des sœurs et pas de sœurs. Quand j’avais environ 18 ans, j’ai décidé de nouer une relation avec elles. Je dois avouer: ma sœur aînée était un peu réticente. Mais ce sont mes sœurs! J’avais l’habitude d’utiliser le terme « demi-sœur », mais mon neveu était très en colère. Il a dit: « Soit ma mère est votre sœur, soit elle ne l’est pas. »

Il n’y a pas de fatalité dans votre roman, juste des choix faits par des femmes fortes.

En fait, je ne sais pas si mes personnages sont si forts. J’ai fait tout mon possible pour montrer leur vulnérabilité. L’un de mes objectifs en tant qu’écrivain est de créer des personnages qui semblent vivre dans le monde, pas comme s’ils vivaient dans un roman.

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