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Macron est-il seul?

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Le président Emmanuel Macron fait montre d’un volontarisme constant pour une meilleure prise en compte des diasporas afro-descendantes installées en France et pour une nouvelle approche des relations entre Paris et le continent africain. Mais l’intendance qui doit faire le job suit-elle?

Emmanuel Macron est-il seul? Prêche-t-il dans le désert? On serait tenté de répondre par l’affirmatif en s’appuyant sur des indicateurs actuels pourtant dans le rouge. Unique en son genre dans l’espace français, où l’on crie facilement au loup quand est murmuré le bien-fondé des statistiques ethniques, un récent sondage de l’agence Opinion Way relève plusieurs aspects des sentiments qui animent la diaspora afro-descendante en France. Ainsi, l’égalité des chances n’est pas respectée pour les personnes d’origine étrangère, estiment les trois quarts des sondés, qui sont 62 % à trouver que l’ascenseur social est en panne en ce qui les concerne. Quelque 73 % des Français d’origine africaine assurent aussi que l’égalité des chances n’est pas respectée. Et interrogés sur les solutions envisageables pour réparer ces failles, ils pointent unanimement « l’éducation comme le moyen le plus efficace pour intégrer les personnes d’origine étrangère ». Enfin, s’ils ne se sentent pas concernés directement par l’actualité des relations franco-africaines, ils estiment à 83 % que « l’Afrique est une chance pour la France »

Des chiffres éloquents qui, cependant, ont produit peu de commentaires dans les espaces public, politique ou médiatique nationaux alors qu’il y avait matière à analyser et à être force de propositions. On aurait aimé qu’Emmanuel Macron, adulé en période préélectorale quand il définit le « colonialisme comme un crime contre l’humanité », ne perde pas de sitôt ses convictions une fois élu. Certes, il a fait installer la structure du Défenseur des droits en début d’année à travers un site Internet contre les discriminations en tous genres (www.anti discriminations.fr.) Un outil qui permet à tout un chacun d’être accompagné par une équipe de juristes en cas de manifestation de racisme et de discrimination.

L’absence d’actions fortes et de changements notables

Reste la lutte contre le racisme, l’une des plaies les plus graves de notre époque, insistait, en ce mois de mars, à l’Assemblée nationale, Olivier Serva, député de la Guadeloupe, lors des questions d’actualité au gouvernement, en lui demandant d’y remédier. Ce à quoi, Élisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, a répondu que « ce combat constitue une priorité du président de la République. C’est l’action que nous menons lorsque nous avons lancé la plate-forme antidiscrimination, déjà consultée par plus de 10000 personnes. » C’est tout, pourrait-on arguer? L’absence d’actions fortes, de changements notables laisse à penser que le jeune président semble bien seul sur ce terrain-là. Reçoit-il de ses troupes un soutien moral sans faille non suivi d’effet? C’est l’impression profonde et tenace qui en émerge dès que l’on aborde les problématiques de diversité et d’une juste représentativité des minorités dans les espaces publics et privés.

La légitime mobilisation Black Lives Matter, aux États-Unis, en 2020, a déferlé virtuellement sur le monde entier, asticotant les anciens empires coloniaux, qui, au-delà des siècles, continuent d’entretenir des relations ambiguës, inadéquates et douteuses avec leurs ressortissants non caucasiens. De nombreux Français afro-descendants, 10 % de la population au dire d’Emmanuel Macron, ressentent avec une douleur non simulée ce passé colonial qui jette encore en pâture leur couleur de peau comme le symbole direct d’une infériorité présumée et de leurs différences si incompatibles avec la République.

Certes, il y a, de temps à autre, des bonnes âmes pour louer l’apport des outremer à la culture nationale, avec force de ti-punch, de boudins-accras, de musique, de sport et consorts, mais il faut avouer que l’on exsude rarement de cette sphère culinaro-artistico-sportive.

L’insuffisance de diversité dans le monde médiatique, souvent fustigée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui dénonce régulièrement, sans succès, l’absence des minorités qui composent la mosaïque de la population française dans les programmes télévisuels du service public, ne trouve toujours pas de réponses satisfaisantes.

Quant au 7e art, dont la misogynie et la gériatrie ont été violemment dénoncées en 2020, au point d’ébranler l’institution, il est un des domaines, parmi tant d’autres, où la discrimination semble durablement implantée, sans que cela ne dérange, hormis les premières victimes de ces rejets.

Les occasions où les débats sur le racisme systémique et l’inclusion tamisée de la société sont posés, les réponses reçues en Scuds alertent sur le soi-disant communautarisme, sur l’islamisme et pour clore le débat, sur le terrorisme.

Les fractures de l’Amérique renvoient régulièrement à celles que connaît la France, mais les explications qui en ressortent ne sont pas porteuses de changements, de prise de conscience et de virage positif pour le plus grand nombre. Et le populisme mariné dans un racisme décomplexé que servent jusqu’à l’écœurement certaines chaînes privées d’information, sans avoir la réplique légitime d’un contre-pouvoir, fait son lit dans la conscience collective.

Le mouvement Black Lives Matter a pu s’étendre et faire son travail de sensibilisation grâce à l’habitude de mobilisation des Africains américains désormais rejoints, dans leurs luttes, par des communautés blanches, asiatiques, latinos et autochtones. La diaspora afro-antillaise n’a pas fait assez montre d’un pouvoir identique, ni d’une telle mobilisation, ni occupé les rues et les avenues, ni l’espace public ou privé pour dénoncer ce fléau qui s’est engouffré dans son existence, intégrant le racisme non pas tel un délit puni par la loi, mais comme une fatalité.

Le désamour croissant

Une question se pose dans des termes similaires à propos des relations AfriqueFrance. L’actuelle crise sanitaire n’autorise, certes, pas les rassemblements en présentiel pour commémorer ou exposer auprès d’un large public. Mais, force est de constater que l’exposition Africa2020, promue par Emmanuel Macron, a été d’une discrétion assourdissante et d’une couverture médiatique fantomatique.

Lorsque Nana Akufo-Addo, le président du Ghana honorait de sa présence, en 2019, une rencontre organisée au palais de l’Élysée avec quelques centaines de personnalités issues des diasporas africaines de France, Emmanuel Macron a prononcé une allocution dont le contenu n’a pas dévié d’un pouce depuis. « La France n’a pas ou n’a plus de politique africaine, assurait le Président, mais elle est aux côtés des forces vives de la société civile sur le Vieux Continent comme en Afrique pour porter des projets novateurs dans tous les secteurs pour le bien-être de tous et en respectant les normes environnementales désormais de mise grâce à la convention climat signée, en 2015, à Paris. »

Le désamour croissant constaté dans les capitales africaines vis-à-vis de la France qui y perd nombre de parts de marché, devancée dans son pré carré par la Chine, la Turquie et bientôt la Russie, se nourrit aussi des souffrances vécues par les diasporas. Pourtant personne ne s’avérerait à comparer la situation nationale à celle qui sévit aux États-Unis où le même système met au sommet du pouvoir une femme issue des minorités et contraint, par ailleurs, à 12 % de la population de subir au quotidien les affres d’une discrimination profondément ancrée. Cependant, les images des réussites noires issues de cet « enfer » nord-américain résonnent comme des sources d’espoir. Jay-Z, Barack Obama, Tyler Perry, Oprah Winfrey, Beyoncé…

Où sont leurs clones en France ? « Nous sommes trop lents, trop complexes, trop engoncés dans notre bureaucratie! », s’exclamait, en mars 2021, Emmanuel Macron devant le Parlement européen, fustigeant les difficultés de l’institution à jouer collectif dans cette course à une politique vaccinale. Des mots et des maux qu’il pourrait scotcher à cette si belle France. Le discours et la volonté sont bien là, le conducteur de la locomotive est prêt, mais les wagons restent parfaitement immobiles.

« Ce combat constitue une priorité du président de la République.»

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