Contenu exclusif:

ALEXANDER AMOSU, L’Afrique et le luxe on line

pour le monde avec Lux Afrique Boutique Les achats en...

LESA MILAN, reine de beauté mais surtout plus !

Ancienne lauréate de Miss Jamaica Universe et entrepreneuse jamaïcaine,...

Aline Matsika, un palace en Espagne

Décoratrice internationale qui compte parmi les meilleurs aux États-Unis,...

Les mille et une vies de Cindy Descalzi Pereira

Date:

Cindy Descalzi Pereira ne résiste pas à l’appel de la nature et nous fait partager ses mille et une vies dirigées par le même objectif: faire le plus grand bien autour d’elle. Qu’il s’agisse des enfants, des gorilles et des éléphants, du développement de son Congo natal.

Docteure en sciences humaines, philanthrope très attachée à la condition des enfants de son Congo natal, Cindy Descalzi Pereira a aussi fait de l’éducation, de l’agriculture, et de la protection des espèces protégées, éléphants et grands singes notamment, un de ses chevaux de bataille.

En cette matinée d’avril, courbée sous les rayons du soleil, Brazzaville se prépare à subir les assauts d’une vague de chaleur à peine tempérée par les frémissements des wenges majestueux, la danse des cassia du Siam ou le jeu indolent des eucalyptus qui apportent un soupçon de fraîcheur. La saison déjà bien chaude bat son plein, et le fleuve Congo s’en réjouit pour gronder au besoin et entraîner ses flots dans une spirale de valses étourdissantes.

À la manœuvre depuis l’aurore, Cindy Descalzi Pereira, réveillée par les pépiements des martinets des palmes, les miaulements de la petite boule grise, un chaton récemment adopté par la maisonnée, par les injonctions de son benjamin quémandant le biberon matinal. Mère de cinq enfants, elle a oublié depuis une décennie les joies des réveils tardifs, quoiqu’elle raffole de ces dimanches avec toute sa marmaille en visite bruyante et joyeuse dans le lit conjugal.

Covid oblige, tout ce petit monde est à la maison Les mille et une vies de Cindy Descalzi Pereira dans une école improvisée avec euphorie et efficacité. Il ne faut pas bousculer les rythmes établis, alors les bisous allongés d’un câlin claquent dès 7h30 précises, avant que les petits élèves prennent le chemin de la véranda, à quelques mètres de là, où se déroule la classe à la maison sous l’œil de cette maman qui a revêtu, pour l’occasion, l’uniforme d’une institutrice tout niveau! Mais avant les études studieuses, calcul, dictée, chant et poésie, le petit groupe s’en ira saluer collectivement les chiens, chat et oiseaux qui peuplent la résidence. Tout en veillant et en surveillant d’un œil vigilant chaque membre de cette marmaille, Cindy Descalzi Pereira a déjà organisé sa journée, planifié ses rendez-vous, s’est assuré que la cinquantaine d’enfants de l’orphelinat Saint-Joseph de Gaston Céleste, actif depuis 1978 et dirigé par Maman Célestine Bouzoumou, a bien reçu les victuailles qu’elle a déposées la veille à leur intention; que l’équipe de WWF qu’elle accompagnera dans le nord-est du pays, à Nouabale Ndoki, soit à plus d’une journée de voiture de Brazza, sur les traces d’un DR singe disparu a validé le programme de l’expédition. Que la récolte de noix de cajou dans sa plantation de 55 000 ha sur laquelle travaillent 500 employés est prometteuse. Et il n’est pas 8 heures. Cheveux tirés en un bun pratique et élégant, le visage radieux et éclatant sans une once de maquillage, jean et T-shirt, tennis confortables. La voilà prête à affronter le monde. Et il n’est pas 8 heures. Cheveux tirés en un bun pratique et élégant, le visage radieux et éclatant sans une once de maquillage, jean et T-shirt, tennis confortables. La voilà prête à affronter le monde.

Bienvenue dans les mille et une vies de Cindy Descalzi Pereira.

Certaines vocations qui prennent naissance dans la petite l’enfance deviennent, les années passant, le fil conducteur de toute une vie. Et dans le cas de la belle Congolaise, c’est l’obligation faite par ses parents, papa italien de Milan, maman italienne et brazzavilloise originaire de Makoua dans le Nord, de partager ses cadeaux de Noël avec les enfants abandonnés recueillis dans des institutions tenues avec amour et dévotion par des religieuses. Chaque année, immanquablement, avec ses deux frères et sa sœur elle partageait les fêtes de fin d’année et leurs anniversaires en compagnie de ces orphelins et cette habitude a forgé leur caractère. Ce qui était une obligation est devenu un réflexe aussi vital que manger, boire et respirer.

Depuis, Cindy Descalzi Pereira n’a cessé de venir en aide aux enfants, en assurant l’alimentation, les soins médicaux et l’éducation de ces petites victimes de la pauvreté qui sévit dans ce pays pétrolier aux potentialités exceptionnelles et aux capacités de développement peu ou pas exploitées. Pour centraliser tous ces engagements et les rationaliser, elle a créé avec Serge, son mari, promoteur immobilier réputé de la place, la Fondation Congo Kitoko (la beauté du Congo). L’institution a commencé par engager des actions caritatives auprès d’orphelinats pour, après analyses et réflexions, s’étendre à d’autres activités dont le dénominateur commun est le bien-être des populations.

« La question des enfants a certainement été à l’origine de la fondation, explique la jeune femme dont le rythme de vie effréné refuse d’imprimer les outrages du temps son visage éblouissant. Nous l’avons d’abord créée pour l’enfance et d’autres branches comme l’agriculture et la protection de l’environnement s’y sont greffées naturellement. En réalité, elles sont complémentaires, chemine-t-elle. Nous élevons les enfants pour qu’ils prennent soin d’eux, puis de leur environnement qui leur fournira de quoi se nourrir et de vivre sainement. Assurer l’alimentation des enfants, leur donner de l’amour est essentiel, mais il faut les mettre sur les rangs de l’école, car l’éducation est une arme qui ouvre bien des portes. Mon mari qui a construit l’université américaine de Guinée équatoriale et l’université de Brazzaville, la seconde en soixante ans d’indépendance, m’a convaincue de l’importance de ce versant éducationnel. C’est donc une chaîne évidente et naturelle. Un enfant auquel on ne donne pas les bases pour construire son futur sera démuni; adulte, il risque de se lancer dans des activités destructrices et illégales comme le braconnage dans le cadre de nos villages au Congo. Pour sa survie, il détruira des forêts et décimera les animaux, dont des espèces protégées et mettra ainsi son environnement en danger. Je ne peux pas venir en aide efficacement aux personnes fragilisées si je ne m’intéresse pas aussi à leur cadre de vie. En me focalisant sur les stricts besoins vitaux des petits orphelins, j’avais une impression d’inachevé, de ne pas finir ce cercle essentiel à toute vie sur terre. Chaque action que nous posons doit être déchiffrée pour concevoir et imaginer en amont les solutions pour qu’elle soit porteuse de bien-être et d’espoir. »

Environnementaliste qui a fait ses études depuis le primaire au Congo, puis en Italie, au Nigeria, aux États-Unis et en Espagne, Cindy Descalzi Pereira a décroché un bachelor de business international, un master en éthologie, et un doctorat en sciences humaines et comportement animalier. Une expertise qui lui permet d’explorer les différentes approches d’un développement respectueux des hommes et de l’environnement. Chaque engagement porté par le Fondation Congo Kitoko doit trouver des réponses intégrées et génératrices de revenus pour les populations concernées. C’est ainsi qu’est née son histoire avec les primates de son pays natal et qui, au lieu de se suffire d’une admiration béate pour les signes, a débouché sur un militantisme en faveur de la cause animalière et du respect de la biodiversité. Il y a une dizaine d’années, « l’exploratrice », qui aime tant crapahuter entre collines, forêt, lacs et savanes verdoyantes de ce Congo immense et magnifique, s’est retrouvée pour la première fois de son existence face à un gorille. « Je regardais ses yeux, je détectais son émotion et son énergie, je faisais face non pas à un objet, mais à quelque chose de vivant. J’ai pensé qu’il nous ressemblait vraiment à nous les humains. N’oublions pas que le gorille et le chimpanzé sont les singes génétiquement les plus proches de l’homme avec plus de 98 % du patrimoine génétique commun aux deux espèces. J’étais effondrée lorsque j’ai appris que la population de nos gorilles était en voie de disparition et qu’en une décennie plus de 60 % des grands singes avaient disparu au Congo. Pour diverses raisons: le braconnage, certes, mais aussi des causes naturelles comme l’épidémie d’Ebola qui en a décimé énormément ces dernières années. Toutes les maladies qui affectent les humains les touchent aussi. La Covid-19 a conduit le gouvernement à fermer les sites d’observation des primates pour éviter une contamination qui pourrait leur être fatale. En réduisant leur espace vital et leur source d’approvisionnement en nourriture, la déforestation est une autre calamité. À ce jour, ont été recensés environ 9 000 grands singes dont 5 000 gorilles et 4 000 chimpanzés. Aujourd’hui, ils sont en danger, à cause de la chasse à la viande de brousse, de la perte de leur habitat, du commerce d’animaux et des maladies infectieuses. »

Pour freiner l’hécatombe, dont les conséquences à long terme pourraient être fortement préjudiciables pour la biodiversité, le gouvernement a ouvert les aires protégées qui couvrent une superficie de 2 551 720 ha soit environ 10 % du territoire. Ce réseau de sites sauvegardés est réparti entre des parcs nationaux, des réserves et des domaines de chasse, ainsi que des sanctuaires. Les parcs nationaux sont au nombre de quatre et couvrent plus de 2,2 millions d’hectares soit 7 % du territoire. Les 4 000 km2 du parc de Nouabalé-Ndoki s’étendent sur les régions de la Sangha et de la Likouala au nord. Situé dans le nord-ouest du pays, le parc d’Odzala Kokoua est le temple d’une biodiversité exceptionnelle et abrite, sur son million d’hectares, plus de 400 espèces d’oiseaux, 114 espèces de mammifères et plus de 4 000 variétés de plantes. Sur les seize espèces de primates, figurent les gorilles et les populations de chimpanzés. D’une superficie de près de 350 000 ha, le parc national de l’Ogooué-Leketi, à la frontière avec le Gabon, abrite, depuis 2019, plusieurs espèces en danger, dont le gorille des plaines de l’Ouest et le chimpanzé tschego, deux sous-espèces en danger critique d’extinction. À quelque 50 km au nord de la ville pétrolière de Pointe-Noire, le sanctuaire de chimpanzés de Tchimpounga, construit en 1992, a été confié à l’Institut Jane Goodall, fondé par l’éthologue et anthropologue britannique réputée pour ses travaux sur les chimpanzés. Érigé en août 1999 sur une superficie de près de 505 000 ha, le Parc national semi-marin de Conkouati-Douli abrite la faune représentative des écosystèmes forestiers du Congo. La grande faune comprend des éléphants, des gorilles, des panthères, des lamantins, des baleines à bosse, des dauphins et des tortues luths.

Conscient de l’implication des habitants pour assurer la durabilité et la réussite de tels projets, les autorités sont vigilantes sur l’inclusion des villageois dans l’établissement de ces sites qui empiètent parfois sur leur habitat naturel. « Le braconnage et le trafic de viande de brousse restent une menace importante pour la faune sauvage », souligne un connaisseur du dossier.

« J’ai longtemps détesté les braconniers pour les préjudices qu’ils causaient à la faune sauvage. Et j’ai compris que tant qu’ils ne seraient pas à l’aise, ils poursuivraient ce massacre. Il fallait leur donner de quoi se nourrir et gagner leur vie différemment en les laissant dans leur environnement. J’ai remarqué que hormis quelques paillotes au confort rudimentaire dans les parcs nationaux, en dehors du parc d’Odzala Kokoua, géré par des Sud-Africains et qui possède un vrai lodge, très peu de solutions pour faire de l’écotourisme sur quelques jours étaient proposées. Les touristes locaux ou étrangers pourraient séjourner plus longtemps sur ces sites, consommer des produits cultivés sur place et ces lodges pourraient être gérés par les populations locales. D’où l’idée de développer un vrai écotourisme avec des offres d’hébergement confortables. Trouvant du travail, les braconniers n’auraient plus besoin de tuer les animaux. Ils pourraient avoir accès à des terres pour détenir une vraie activité agricole, et assurer leur autonomie alimentaire et financière. La Fondation Congo Kitoko va donc construire un lodge sur ce modèle de développement intégré et je me suis rendue au Rwanda, très en avance sur ces questions, pour m’inspirer des réalisations faites sur le terrain et les dupliquer au Congo qui est vierge dans ce domaine et à beaucoup à faire. »

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime sur son site Internet que « l’agriculture du Congo est très peu développée, sa contribution au PIB stagne à seulement 4 % environ. Ce chiffre est bien entendu à mettre en rapport avec la très faible densité de population en zone rurale et à l’absence d’une véritable tradition agricole. Malgré les 10 millions d’hectares de terres fertiles, seulement 2 % sont cultivées. Les capitaux extérieurs et l’expertise étrangère, ont été historiquement peu mobilisés dans ce secteur en dehors de l’exploitation du bois ».

Toujours dans cette optique de procurer du bien-être au plus grand nombre et de participer de plain-pied au développement de son pays, Cindy Descalzi Pereira a retroussé, une fois de plus, ses manches pour faire taire ces statistiques économiques peu élogieuses et pour réagir, en tant que secteur privé. Le pays gâté par les années pétrole n’a pas anticipé le virage brutal de l’après or noir, et l’abondance d’hier a creusé dramatiquement les écarts entre les classes sociales. La terre riche et féconde s’étend à perte de vue. Pas de tradition agricole? Créons-la!

Comme galvanisés par la citation de John Fitzgerald Kennedy prononcée lors de sa cérémonie d’investiture du 20 janvier 1961: « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays », Cindy et Serge Pereira montent plusieurs projets dans le village maternel de Makoua, blotti au nord, à 450 km de la capitale. Ils acquièrent des terres et y installent des incubateurs destinés à former aux techniques agricoles, et à la gestion des coopératives et des chaînes de distribution. Le couple est propriétaire de 55 000 ha de plantation de noix de cajou – 4 000 ont déjà été plantées, fournissant du travail à plus de 500 employés. Des essais sont en train d’y être menés en apiculture et en pisciculture bio. « C’est un projet encore au stade expérimental qui s’étend sur 100 ha, en circuit fermé, sans ajout d’intrants. Des animaux comme les cochons fournissent l’engrais pour les plantations et nous avons des vers de terre pour nourrir les poissons. Tout un écosystème a été mis en place en valorisant et en privilégiant les ressources naturelles et locales. »

Autre activité de la Fondation Congo Kitoko, le financement de projets sélectionnés par le biais d’un concours. En 2019, une centaine de postulants y ont participé et trois ont été retenus. L’un d’entre eux est devenu un des plus grands producteurs de maïs de la place. L’institution se fait fort de garder des liens avec ses « filleuls » et de leur apporter un soutien, de quelque nature que ce soit, au besoin. La fondation est plus bien qu’un énième projet de société avec une préoccupation écologique, tous les domaines dans lesquels elle intervient tendent vers un but commun: faire du bien aux hommes et protéger leur environnement.

« Je me sens très chanceuse, murmure Cindy Descalzi Pereira. J’ai vu le jour dans une famille aimante, je suis mariée à un homme d’affaires brillant et visionnaire, j’ai cinq enfants merveilleux, j’ai pu faire les études que je souhaitais. Si j’ai la chance d’avoir tout cela, il faut l’utiliser pour le bien-être des autres, et le progrès des populations et du pays. J’ai envie de laisser un patrimoine aux générations futures et de faire la différence. Je ne peux pas me permettre de me remplir les poches et de laisser le pays dans cet état. J’ai envie que mes enfants apprennent, qu’ils voient. Ce serait dommage de survoler tout cela sans réagir. Ce n’est pas ma vision de la vie ni celle de mon mari. »

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux sociaux:

newsletter

spot_imgspot_img

A la une

Plus d'articles
Similaires

Vernis à ongles, la farandole du green

Voici la pleine saison des vernis à ongles aux...

LES ROBES DE L’ÉTÉ

Les petites robes, longues ou courtes, sont de sortie...

DES BIJOUX POUR BRILLER

On range diamants et rubis dans un coffre pour...

Wax et plagiat

L’usage du tissu wax originaire d’Europe du Nord ou...