Contenu exclusif:

ALEXANDER AMOSU, L’Afrique et le luxe on line

pour le monde avec Lux Afrique Boutique Les achats en...

LESA MILAN, reine de beauté mais surtout plus !

Ancienne lauréate de Miss Jamaica Universe et entrepreneuse jamaïcaine,...

Aline Matsika, un palace en Espagne

Décoratrice internationale qui compte parmi les meilleurs aux États-Unis,...

Wax et plagiat

Date:

L’usage du tissu wax originaire d’Europe du Nord ou de ses imitations en provenance de Chine a décuplé le phénomène de plagiat dans la mode africaine.

La maîtrise des sources d’approvisionnement reste un problème constant pour les créateurs africains qui, à l’unanimité, reconnaissent que la copie est le premier danger qui les guette. En Côte d’Ivoire, les stylistes exigent du public qu’il n’utilise pas de Smartphones et d’appareils photo pendant les défilés pour se protéger des plagiats.

Mais ce n’est que reculer pour mieux sauter, car leurs propres clientes, même les plus nanties, n’hésitent pas à se ruer en magasin pour acquérir les pagnes ou tissus wax vus sur le podium afin de les confier à un tailleur habile pour recopier les modèles sélectionnés, avec plus ou moins de succès. Un manque à gagner colossal pour les créateurs et une concurrence déloyale difficilement contournable dans la mesure où ces derniers ont des sources d’approvisionnement identiques.

L’usage du tissu wax originaire d’Europe du Nord ou de ses imitations en provenance de Chine a décuplé ce phénomène de plagiat, aucun créateur n’ayant les moyens de financer la production de sa matière première. L’emploi quasi unanime de ces cotonnades hautement colorées, et dont le prix de base est loin d’être compétitif, a non seulement uniformisé la créativité, mais ne permet pas, en outre, aux stylistes d’affirmer l’étendue de leur talent et leur singularité. Confrontés à ces problèmes qui pénalisent leur développement économique, les concernés optent en général pour deux solutions : changer d’approvisionnement et courir à Dubaï, en Inde, en Chine ou chez des soldeurs européens, en quête de tissus d’utilisation moins fréquente, ou plus rarement, créer ses propres tissus.

La seconde optique n’est pas nouvelle, même si elle ne concerne que de rares créateurs. Pathé O. a réussi à se construire une réputation autour de deux axiomes : faire une mode portable et imposer sa marque de fabrique qui n’est autre qu’un voile de coton teint localement. Pour ce faire, le Burkinabé – ivoirien de cœur, travaille depuis des années avec le même atelier de teinture dans les faubourgs de Ouagadougou qui le fournit en coton et en tissus aux motifs exclusifs. Cette clairvoyance a eu un double résultat : ses chemises masculines, ses tuniques et ses robes se sont fait des addicts aux quatre coins du Continent, qui en apprécient la qualité constante et le style à la fois décontracté et élégant, qui incarne la signature du créateur. Seul bémol, l’Afrique exporte 80 % de son coton vers la Chine et des pénuries de matière première brute surviennent régulièrement.

La production de textile peut aussi s’inspirer de pratiques ancestrales, à l’image de l’expérimentation de Collé Sow Ardo qui a utilisé précocement le savoir-faire des tisserands sénégalais pour créer ses tissus. Là aussi, la styliste dakaroise a réussi à imposer un style qui lui a valu le surnom de Reine du pagne tissé. Elle a, en effet, monté, il y a trente-cinq ans, son propre atelier avec des tisserands de l’ethnie Mandjak du sud du Sénégal, des talents reconnus qui ont appris à traiter la soie, le lin, la laine et d’autres fils avec la même dextérité que le coton. Les mélanges de couleurs de Collé Sow Ardo sont devenus des modèles en la matière, preuve que la technicité d’hier peut servir la modernité d’aujourd’hui.

Cette volonté de se singulariser permet à de tels créateurs d’atteindre une plus large résonance, les autorise à faire preuve d’une certaine indépendance vis-à-vis des sources de ravitaillement en matières premières, et les amène à construire leur identité dans un univers très concurrentiel.

L’appétence pour des matières et des produits à forte valeur ajoutée, le narratif qui accompagne cette production artisanale ont fait de ces productions un souffle d’espoir dans une mode parfois uniformisée à l’extrême, par manque de variétés des collections présentées. L’Afrique semble avoir compris le défi qui lui est posé et cette utilisation des tissages et textiles riches de sens est en train de donner à ce secteur un dynamisme qui semblait étouffer par des rapports exogènes. L’instar de Mike Sylla, le pape du cuir dessiné, d’autres talents ont fait des textiles traditionnels, leur donnant une modernité et rappelant leur histoire dans le contexte dans lequel ils ont été créés. Parmi le pionnier du genre, Imane Ayissi, féru des toiles et étoffes de son Cameroun natal qu’il introduit à foison, avec une touch Irrésistible dans ses collections Haute Couture. Citons également la Béninoise Yemi Akobi, de la marque Olowu qui en réalisant ses propres textiles, a réussi à fédérer nombre d’adeptes autour d’elle. Yemi Akobi collabore avec sa mère, qui a appris les secrets de la peinture sur textile en Éthiopie. Cette teinturière moderne utilise des techniques comme le dripping, qui consiste à habiller de peinture la toile comportant des motifs sortis de son imagination, ou à orner certains de ses produits de matériaux de récupération, assainis et embellis. À matière unique, créations uniques. Chez Olowou les séries sont, forcément, limitées. Pas des centaines d’exemplaires, le luxe de l’exclusif.

L’appétence pour des matières et des produits à forte valeur ajoutée, le narratif qui accompagne cette production artisanale ont fait de ces productions un souffle d’espoir dans une mode parfois uniformisée à l’extrême, par manque de variétés des collections présentées. L’Afrique semble avoir compris le défi qui lui est posé et cette utilisation des tissages et textiles riches de sens est en train de donner à ce secteur un dynamisme qui semblait étouffer par des rapports exogènes. L’instar de Mike Sylla, le pape du cuir dessiné, d’autres talents ont fait des textiles traditionnels, leur donnant une modernité et rappelant leur histoire dans le contexte dans lequel ils ont été créés. Parmi le pionnier du genre, Imane Ayissi, féru des toiles et étoffes de son Cameroun natal qu’il introduit à foison, avec une touch Irrésistible dans ses collections Haute Couture. Citons également la Béninoise Yemi Akobi, de la marque Olowu qui en réalisant ses propres textiles, a réussi à fédérer nombre d’adeptes autour d’elle. Yemi Akobi collabore avec sa mère, qui a appris les secrets de la peinture sur textile en Éthiopie. Cette teinturière moderne utilise des techniques comme le dripping, qui consiste à habiller de peinture la toile comportant des motifs sortis de son imagination, ou à orner certains de ses produits de matériaux de récupération, assainis et embellis. À matière unique, créations uniques. Chez Olowou les séries sont, forcément, limitées. Pas des centaines d’exemplaires, le luxe de l’exclusif.

Ces précurseurs n’ont, toutefois, pas encore donné naissance à une descendance plus audacieuse, à même de s’approprier des techniques leur assurant un surplus d’identité. Une lacune liée au manque d’investissements dans le secteur de la mode. Donc l’hégémonie du pagne wax a encore de beaux jours devant lui. Certains créateurs ont cependant compris les enjeux et les risques d’une trop forte dépendance vis-à-vis d’une unique source d’approvisionnement. Travaillant d’autres matières ou les traitant d’une façon plus personnalisée, ils tentent d’apporter de la fraîcheur à un style par trop uniforme, quand bien même, paradoxalement, il serait empreint d’une farandole de couleurs.

Article précédentLES PETITS TROUS
Article suivantDES BIJOUX POUR BRILLER

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux sociaux:

Newsletter

spot_imgspot_img

A la une

Plus d'articles
Similaires

Dieynaba Ndoye lève 5 millions d’euros pour Waam

L'entrepreneuse franco sénégalaise vient de décrocher 5 millions d’euros...

LES ROUGES SONT DE SORTIE

Les lèvres sont le cœur du visage, alors juste...

BEAU ET AFRO, LE NATUREL REVIENT AU GALOP

Dans l’air depuis plusieurs années, la tendance s’affirme au...

Brune reçoit les ambassadeurs africaines à Paris

Brune a inauguré une série de rencontres prestigieuses et...