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MYRIAM TAYLOR, mes cheveux mon histoire

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Fille de réfugiés angolais, aujourd’hui basée au Portugal, Myriam Taylor a lancé Muxima Bio, une gamme de capillaires haut de gamme gorgée de caviar pour apporter le nec plus ultra en matière des soins pour cheveux texturés. Bien plus qu’une entrepreneuse de la beauté, Taylor est une femme profondément engagée qui ose poser à haute voix les questions d’appropriation culturelle, de racisme systémique, de lutte contre les discriminations et de quête essentielle du naturel.

Fondatrice de Muxima Bio, une ligne de produits capillaires de luxe pour cheveux texturés, vous êtes aussi une activiste sociale. Comment l’industrie de la beauté peut-elle répondre à des problèmes sociaux, voire politiques ?

Comme dans d’autres domaines, l’expression de notre beauté naturelle nous a été déniée par les colonisateurs et leurs successeurs. Nos voix ont été réduites au silence tout au long de ces siècles et nos réalisations n’ont jamais été valorisées ou ont même fait l’objet d’appropriation par d’autres. Quand j’ai commencé les soins capillaires Muxima Bio, c’était en effet pour résoudre un problème, car j’avais réalisé que l’offre présente sur le marché ne proposait pas de produits de bonne qualité pour nous. La majorité d’entre eux avait, et a toujours, de très mauvais ingrédients. Et je voulais résoudre une autre difficulté, à savoir comment fabriquer une ligne sans ingrédients chimiques agressifs qui, simultanément, encouragerait les femmes et les hommes à devenir la meilleure version d’eux-mêmes en étant naturels. J’ai compris que cela devenait aussi une revendication politique, parce que pendant de très nombreuses années, nous ne pouvions pas coiffer nos cheveux comme nous le souhaitions. Jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de sociétés n’acceptent pas les cheveux afro naturels portés par leur personnel au sein de leurs locaux. Il me fallait donc insuffler un mouvement qui ne se contente pas de donner aux gens les moyens de revenir au naturel mais qui les conduise à accepter qui ils sont et tels qu’ils sont.

C’était une façon de faire voler en éclat les standards de beauté avec pour seule référence la femme blonde, cheveux longs et yeux bleus ?

Oui car d’un côté, nous voyons des gens affirmer qu’il n’y a qu’un seul standard de beauté. De l’autre côté, des personnes comme vous et moi ont été élevées avec l’idée nos cheveux étaient laids. Il était urgent de changer ce discours en créant des produits de bonne qualité qui répondent à nos besoins spécifiques d’hydratation et qui rendent nos boucles plus définies parce que nous voulons toutes et tous être belles et beaux. Par ailleurs, j’ai ressenti le besoin de lancer une campagne sur les récits des Noirs, sur la représentation des Noirs et cette amplification du racisme. Comment éradiquer tout cela ? Et bien, ça commence par l’acceptation de soi. Si nous ne sommes pas fiers de nous et ne nous imposons pas, nous ne serons ni vus ni entendus et reconnus. Cette prise de conscience de notre identité a été nécessaire à la création de la gamme de produits Muxima Bio et aux différentes activités développées ensuite.

Quelles sont ces activités ?

Hormis la ligne capillaire, nous avons réalisé et produit des émissions de télévision qui attestent de notre présence, de nos parcours et amplifient nos voix. Par exemple, nous avons lancé sur la télévision portugaise, la série Black Excellence Doc, où des Noirs du monde entier parlent de sujets qui nous tiennent à cœur. Nous amenons l’excellence noire à s’exprimer librement, à co-créer et apporter des solutions aux problèmes existants. Habituellement, nous regardons des programmes prêts à l’emploi qui ont été conçus par des Blancs, et non pas imaginés par nous. Les idées ne viennent pas de notre communauté. Il est donc important de proposer du contenu qui va également dans le sens de notre objectif principal, à savoir faire évoluer les mentalités et, au final, de créer un changement dans le monde que nous voulons voir. Et dès la mi-septembre, je serai la présentatrice et animatrice d »Indiscrete Dinner », une nouvelle émission de télévision sur la chaîne portugaise RTP 2. Je recevrai quatre invités à chaque émission hebdomadaire, avec un repas en toile de fond, où seront abordés les sujets les plus variés, habituellement considérés comme tabous par la société. Le principe est de discuter de manière intime et sans aucune restriction ni préjugé pour casser les stéréotypes et balayer les préjugés.

Les femmes sont-elles sensibles à ce mélange de beauté et d’engagement sociopolitique ?

Je le pense. Elles le comprennent et y adhèrent. Je le crois, parce que si on remonte dans le temps, avec notamment le mouvement de lutte pour les droits civiques aux États-Unis, il y avait une forte demande de reconnaissance des origines africaines. Le fameux « I am black and i am proud » de James Brown est toujours d‘actualité. Aujourd’hui encore, si je pénètre dans une banque ou si j’apparais dans n’importe quel Parlement ou n’importe où dans la société occidentale, en portant mes vêtements traditionnels africains, en étant fière de qui je suis et d’où je viens, ce sera toujours perçu comme une forme de provocation.

Nous n’avons pas le droit d’être nous-mêmes et avons été forcés de nous intégrer en adoptant des codes qui nous sont étrangers. Donc, si vous voulez être conforme à l’imagerie dominante, vous devez détendre et défriser vos cheveux. Beaucoup de gens qui ont décidé de se battre comme nous. C’est une question de courage parce que nous allons à l’encontre d’un système existant depuis des siècles. reconnaître notre identité et nos valeurs. En 2019, j’ai organisé le symposium sur Women Diversity and Social inclusion. La plus grande leçon que j’en ai tirée est que nous devons travailler ensemble, dans ce monde si déséquilibré. Nous avons tous besoin d’être entendus. Et si c’est à propos de moi, ça ne peut pas être sans moi.

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